L’ESSENTIEL

Le plan de trésorerie place chaque flux au mois où l’argent bouge vraiment ; il révèle un point bas que le compte de résultat ne montre pas.

Le guide trésorerie et BFR explique pourquoi une entreprise rentable peut manquer d’argent. Celui-ci est pratique : il montre comment construire le tableau mensuel qui rend ce risque visible, colonne par colonne, sur les douze premiers mois.

Bpifrance Création présente le plan de trésorerie comme l’un des quatre tableaux du business plan financier, aux côtés du plan de financement initial, du compte de résultat prévisionnel et du plan de financement à trois ans.

La règle d’or : le mois où l’argent bouge

Chaque entrée ou sortie se place dans la colonne du mois où elle se produit réellement, pas dans celle de la facture. Bpifrance Création donne l’exemple d’un achat effectué en janvier et payable en mars : il figure dans les décaissements de mars. Elle précise aussi que les opérations soumises à la TVA s’inscrivent en TTC.

Concrètement, notez pour chaque flux :

  • la date de facturation et le délai de paiement réel, client par client ;
  • les acomptes reçus ou versés ;
  • les échéances fixes : loyer, salaires, cotisations, assurance, remboursement d’emprunt ;
  • les dates de versement des apports, prêts et aides ;
  • les échéances de TVA selon votre régime, à faire confirmer.

Construisez le tableau ligne par ligne

Le tableau tient sur une page. En colonnes, les douze mois. En lignes :

  1. Solde de début de mois, égal au solde de fin du mois précédent.
  2. Encaissements : ventes encaissées, apports, prêt versé, aides reçues.
  3. Décaissements : achats payés, charges, salaires, investissements, échéances d’emprunt, TVA.
  4. Solde de fin de mois = solde de début + encaissements − décaissements.

Séparez les encaissements d’exploitation (les clients) des ressources de financement (prêt, apport). La banque veut voir si l’activité couvre ses charges, indépendamment de l’argent apporté au départ.

Un exemple fictif sur 12 mois

Cas inventé, à but pédagogique uniquement. Une activité démarre avec 6 000 € en banque. Les clients paient avec un décalage, donc les encaissements montent progressivement.

Mois Solde de début Encaissements Décaissements Solde de fin
Mois 1 6 000 € 0 € 4 300 € 1 700 €
Mois 2 1 700 € 2 400 € 4 300 € −200 €
Mois 3 −200 € 4 800 € 4 500 € 100 €
Mois 4 100 € 6 000 € 4 500 € 1 600 €
Mois 5 1 600 € 7 200 € 4 800 € 4 000 €
Mois 6 4 000 € 7 200 € 4 800 € 6 400 €
Mois 7 6 400 € 6 000 € 4 500 € 7 900 €
Mois 8 7 900 € 4 800 € 4 500 € 8 200 €
Mois 9 8 200 € 7 200 € 4 800 € 10 600 €
Mois 10 10 600 € 8 400 € 5 000 € 14 000 €
Mois 11 14 000 € 8 400 € 5 000 € 17 400 €
Mois 12 17 400 € 9 600 € 5 200 € 21 800 €

Sur l’année, les encaissements (72 000 €) dépassent largement les décaissements (56 200 €). Pourtant, le solde passe à −200 € au mois 2. C’est exactement ce que le tableau doit faire apparaître : sans lui, le problème serait découvert sur le relevé bancaire.

Lire le point bas et y répondre

Bpifrance Création le dit nettement : si le tableau fait apparaître un solde négatif, il faut trouver une solution avant le démarrage. Elle cite trois pistes : revoir le plan de financement initial avec d’autres sources de financement, augmenter les fonds propres, ou négocier des crédits bancaires de fonctionnement (escompte, cession Dailly, découvert) en tenant compte de leur coût dans le compte de résultat.

Dans l’exemple, plusieurs réponses sont possibles : augmenter la trésorerie de départ dans le plan de financement initial, demander un acompte aux premiers clients, ou décaler un achat non urgent. Chiffrez l’effet de la solution retenue dans le tableau. Ne présentez jamais un découvert comme acquis tant qu’il n’est pas accordé.

Testez un scénario prudent

Refaites le tableau avec une hypothèse plus défavorable : un client qui paie un mois plus tard, un démarrage plus lent, une dépense imprévue. Comparez les deux points bas. Expliquez dans le business plan bancaire pourquoi vous avez retenu ce scénario ; aucun pourcentage de prudence ne vaut pour toutes les activités.

Questions fréquentes

Le plan de trésorerie remplace-t-il le compte de résultat ?

Non. Le compte de résultat mesure la rentabilité ; le plan de trésorerie mesure la disponibilité de l’argent mois par mois. Les deux sont nécessaires et doivent reposer sur les mêmes hypothèses.

Faut-il le mettre à jour après le lancement ?

Oui. Remplacez chaque mois les prévisions par les montants réels et prolongez l’horizon. L’écart entre prévu et réel est une information utile pour votre banque.

Où trouver un modèle ?

Reprenez la structure décrite plus haut sur un tableur. La trame de dossier de financement et les ressources vous aident à relier ce tableau au reste du dossier.

Pour approfondir

Bpifrance Création, « Le plan de trésorerie d’un projet », page datée de février 2025, consultée le 13 octobre 2026. Les montants de ce guide sont fictifs et ne constituent ni une offre ni un avis d’octroi de crédit.

Chaque établissement peut demander des pièces complémentaires. Ce guide aide à préparer la discussion ; il ne préjuge pas de la décision du prêteur.

Comment nos guides sont construits

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Utilisez la checklist et la trame pour relier vos justificatifs à vos chiffres.

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